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Laïcité et sectes
GEMPPI BP 95
13192 Marseille Cedex 20 – Tel/fax 04 91 08 72 22 –
gemppi@wanadoo.fr
Sommaire :
- Qu’est-ce qu’une secte pour nous ?
1)
Théocratie contre laïcité et démocratie
4) Les sectes et extrémismes religieux réclament pour eux ce qu’ils refusent à leurs adeptes et aux non croyants
7) Illustration de notre approche du concept de manipulation mentale au travers de l’analyse de faits récents.
-
Bibliographie succincte
- Notes et
documents de référence
Participants :
Dr
Jean François Armogathe, (Psychiatre
à Marseille, membre du GEMPPI – Membre de la Commission « Santé, éthique,
idéologies » de l’EEM)
M.
Jacky Cordonnier, Vice-président du
GEMPPI, historien des religions, écrivain, membre du conseil de direction de
l’I.F.E.R (Institut de Formation pour l’Etude et l’Enseignement des Religions)
Dr
Gérard Dahan (Médecin à Nîmes.
Vice-président du CCMM - Membre de la Commission « Santé, éthique,
idéologies » de l’EEM)
Dr
Eric Kania (Psychiatre à Marseille.
Membre du GEMPPI - Membre de la Commission « Santé, éthique,
idéologies » de l’EEM)
Me
François Marchiani (Avocat à
Marseille- Délégué CCMM pour les Bouches du Rhône - Membre de la Commission
« Santé, éthique, idéologies » de l’EEM)
M.
Didier Pachoud (Président du GEMPPI,
trésorier de la FECRIS et coordonnateur de la commission « Santé, éthique, idéologies » de
l’ EEM, rapporteur du présent texte)
Dr
Jacques Richard. Président d’honneur
de la FECRIS, Administrateur à l’UNADFI.
Me
Brice Tixier (Avocat à Marseille.
Second Vice-président du GEMPPI - Membre de la Commission « Santé,
éthique, idéologies » de l’EEM)
Notre
groupe d’étude soutient le concept de
laïcité, c’est à dire d’une société dotée d’institutions applicables à
l’ensemble des citoyens quelles que soient leurs convictions religieuses et
philosophiques. Pour nous, la « laïcité » induit la notion de
tolérance et les comportements correspondants. Nous ne sommes donc pas un
cercle d’anti-religieux primaires. A ce propos, certains d’entre nous
appartiennent à plusieurs confessions et notre vice-président, Jacky
Cordonnier, est membre du conseil de direction de l’I.F.E.R (Institut de
Formation pour l’Etude et l’Enseignement des Religions).
Notre
groupe se compose de membres du GEMPPI (1) et de
membres de la commission « Santé, éthique, idéologies » siégeant à
l’Espace Ethique Méditerranéen (www.medethique.com).
Dans
l’esprit de cette laïcité tolérante notre association entretient en son sein
une grande diversité humaine (Culturelle,
politique, religieuse, ETC) de façon à éviter que le militantisme
(croyant ou athée) de certains ne prenne le pas sur l’impartialité et le recul
intellectuel nécessaires à de telles activités.
Qu’est-ce qu’une secte pour nous ?
Notre
association, s’inscrivant dans ces principes de liberté et de respect des
droits de l’Homme, tente de définir la secte ou l’extrémisme religieux, qui
selon nous est qualitativement semblable, de cette manière :
« Mouvement
ou groupe à prétentions religieuses, philosophiques ou thérapeutiques portant
atteinte par ses pratiques ou ses enseignements à la Déclaration universelle
des droits de l’Homme, aux lois en commettant crimes et délits et aux libertés
individuelles par des manipulations mentales préjudiciables (lesquelles peuvent
par exemple conduire un adepte à se couper du monde et de ses proches).
Spécificité
française et considérée le plus souvent comme antagoniste à toutes les
religions, la laïcité est en réalité une chance pour celles-ci parce qu'elle en
garantit l'expression et le libre exercice, dans le respect de la loi, tout en
se gardant bien d'en privilégier une. Elle est par ailleurs universelle dans sa
conception et dans son apport à la démocratie car on la retrouve au cœur de la
philosophie de la Grèce antique.
Enfin,
elle donne tout son sens au principe de Fraternité, inhérent à notre
République, en favorisant le respect et la tolérance de la croyance ou de la
non croyance de l'autre
Le
terme Laïcité vient du grec "laikos", par l'intermédiaire du latin
"laïcus" et désigne ce qui appartient au peuple.
Dans
les sociétés traditionnelles, les croyances religieuses ont souvent été mêlées
au pouvoir et même confondues avec celui-ci. Il semble d’ailleurs que ce soit là une tendance
naturelle, c’est à dire, non cultivée, primitive, de l’homme, à vouloir dominer
son environnement en accaparant tous les pouvoirs qui sont à sa portée, un peu
comme le font les animaux pour protéger leur territoire. C’est une sorte de totalitarisme régit par la
loi du plus fort.
Par
contre, la société laïque est le produit d’un effort de compréhension et de respect de l’autre et
une forme moderne d’organisation sociale transcendant les superstitions et les croyances pour s’établir sur la raison et
la science.
Dans
tous les pays où un système de société laïque s’est imposé, les religions
dominantes s’y sont adaptées et ont évolué vers plus de tolérance et de respect
envers les fidèles et les autres croyances.
Cette
liberté offerte par la laïcité a permis à d’autres religions de prospérer dans
notre pays.
La
laïcité garantit la liberté de vivre ensemble avec les différentes cultures,
histoires et idéologies religieuses.
Par
ailleurs, tout comme la Fraternité, la Laïcité est transversale dans le cadre
de la morale et des valeurs républicaines.
Ceci
est vrai pour la liberté de croire ou de ne pas croire, mais aussi de l'égalité
entre les êtres humains car quelles que soient leur origine, la couleur de leur
peau, leur religion, leur culture, leur condition sociale, l'homme et la femme
sont égaux en droit et en dignité.
"Tous les êtres humains naissent libres et
égaux en droits", c'est ce
qu'affirme d'ailleurs l'art. 1 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du
Citoyen de 1789.
Dans
la République française laïque, en vertu du principe de l'Egalité, il ne peut
être fait de différence, hormis physique, entre la femme et l'homme. Citoyenne à
part entière, elle a les mêmes droits, mais aussi les mêmes devoirs que son
homologue homme.
Elle
peut cependant, en raison de sa possibilité d'enfanter, prétendre à des
aménagements légitimes pour cet irremplaçable rôle social.
La
laïcité n'est donc plus la vaine querelle entre les églises et l'Etat ; parce
que liée intimement à la Fraternité, elle nous oblige au respect des
convictions religieuses de nos semblables à condition qu'eux mêmes s'expriment
dans le respect des lois et des autres religions et acceptent aussi avec
tolérance le monde des athées. Ce qui implique aussi le respect du monde des
athées pour ceux qui ont des convictions religieuses (plusieurs dizaines de millions de personnes sont
mortes ou ont été persécutées ou le sont encore dans des régimes d’inspiration
marxiste).
La Laïcité fait donc obstacle à toute forme de fanatisme ou d'intégrisme. La
laïcité est donc devenue aujourd'hui, en tant que valeur philosophique, partie
intégrante de la République française. Mais, son ancrage est-il définitif ?
Hélas,
il est facile de se rendre compte que cette vision idyllique du respect et de
la tolérance est constamment remise en cause par les hommes qui de tout temps
ont pris Dieu en otage en oubliant le message central du Décalogue (29), par exemple, pour transmettre un message
d'intolérance, de haine ou d'oppression.
A l’époque de Jésus et dans la période qui a suivi ce sont les chrétiens qui
ont subi l’oppression des juifs (31),
comme l’indique notamment le récit de St Paul qui au départ était persécuteur
de l’Eglise (31). Au début de l'ère chrétienne, C’est Saint Augustin
qui justifiait les crimes contre les non-croyants en prétendant “qu'il y avait une persécution juste, celle
que font les Eglises du Christ aux impies. L'église persécute par amour et les
impies par cruauté” (lettre 185).
Le
sens de la parabole du bon grain et de l'ivraie (30) a
été inversé pour justifier les bûchers de l'Inquisition.
Les
rois très catholiques d'Espagne ont persécuté les Juifs et au Proche-Orient,
les Croisés s’en sont pris aux musulmans.
L'interdiction
de certains livres et la censure culturelle n'a
été supprimée par l'Eglise qu'en 1962.
Dans
la France de la Restauration, la profanation des emblèmes religieux, assimilée
au parricide, était punie de la peine capitale, précédée de l'amputation du
poignet à la hache (loi de 1825).
Plus près de nous, l'assassin de M.
RABIN, homme politique israélien, a justifié son geste dans l'interprétation de
ce que les chrétiens désignent comme l'Ancien Testament (9). Le Livre de Josué, riche en récits de massacres de
peuples autres que le peuple élu n'a rien à envier aux versets les plus
guerriers du Coran en matière de justification anticipée des violences
interreligieuses et interethniques.
On peut ainsi affirmer que les trois religions du Livre peuvent (comme
d’autres) conduisent à une interprétation dangereuse de leurs textes si l'on
n'en fait qu'une lecture littérale partielle, ce que font généralement les
fondamentalistes pour justifier l'injustifiable.
C'est
toujours au nom de Dieu que les catholiques et les protestants se sont
entretués et continuent, avec vigueur, de le faire en Irlande, faisant souvent
l'amalgame entre les revendications politiques et religieuses.
Or,
le contexte mondial indique une radicalisation religieuse (2, 20) sans doute liée à un contexte économique et aux
conflits du Proche Orient. L’instauration et la propagation des thèses de la
Charia dans un nombre croissant de pays, y compris la France avec la main mise
des fondamentalistes dans le Conseil national du culte musulman (3) et la pression faite sur les institutions laïques et
politiques pour que des signes ostensibles de religion s’imposent à notre
société laïque en sont l’expression.
Si des brèches dans le fonctionnement laïc de notre société
s’ouvraient à la suite des pressions des lobbies fondamentalistes, les sectes
ne tarderaient pas à s’y engouffrer.
Tel
sera le fil conducteur de notre propos.
Les
comportements sectaires, les
pratiques et discours contestables, voire nuisibles et parfois dangereux,
émanant des extrémismes et fondamentalismes religieux sont souvent tolérés
en Europe parce qu’ils se placent dans le cadre législatif ou sont
liés à des religions reconnues ou traditionnelles ; les autorités
craignant, en les dénonçant, de provoquer des amalgames injustifiés ou de
perdre le soutien électoral des croyants. En cela, les mouvements à l’origine
de ces comportements à problèmes disposent d’un régime de faveur par
rapport aux groupes émergeants, parfois qualifiés de sectes parce qu’ils ont les mêmes pratiques ou
discours contestables.
Les
sectes comme les mouvements extrémistes religieux se nourrissent aux mêmes
sources, celle de l’exploitation de la souffrance et de la misère humaine (2) et celle de l’ignorance et de l’inculture.
Nous
pensons que tout ce qui est ou sera toléré en matière de dérives sectaires au
sein des extrémismes religieux, finira par l’être pour les sectes. Nous pensons aussi que ces mouvements profitent de
certaines brèches juridiques des systèmes démocratiques pour s’y engouffrer et
leur imposer leurs pratiques et incitations liberticides ou nuisibles aux
individus. Les principales brèches qui se sont révélées récemment résident dans
l’égalité ou la non discrimination (4) et la
liberté de pratique des activités « cultuelles » garanties par les
états modernes. Cependant, les autorités Françaises semblent ne pas se montrer
dupes de ces manœuvres comme l’indiquent les mesures prises contre deux imams
extrémistes en mai 2004, l’élaboration d’une loi garantissant la protection de
la laïcité de l’école publique et contre les sectes en général (loi
About-Picard, maintien d’une instance interministérielle pour traiter ce
problème ETC.). Mais, est-ce que notre système juridique pourra résister aux
arguments légaux des sectaires dans le contexte européen actuel ? (5)
En
effet, les tribunaux européens ont plusieurs fois donné tort aux juridictions
françaises au profit de sectes (6). Nous pensons que d’autres
problèmes de ce genre risquent de se présenter si l’on ne précise pas ou si
l’on ne modifie pas certaines singularités ou certains points de droit français
relatifs notamment à la laïcité.
Notre
tolérance laïque n’est pas synonyme de naïveté ou de faiblesse à l’égard de
pratiques et d’actions liberticides et aliénantes, mais il est bien difficile
d’agir contre le gré d’adultes, même pour leur bien.
En
effet les adeptes de sectes ont souvent le même profil psychologique que
certains esclaves, qui dans l’Amérique du 19ème siècle refusaient
d’être affranchis, car ils avaient été conditionnés de telle manière qu’ils
s’imaginaient être une catégorie humaine inapte à l’autonomie. Il faut dire que
les sectes fondamentalistes y étaient pour quelque chose si l’on considère les
doctrines bibliques racistes d’alors des témoins de Jéhovah (34) et des
mormons (35). La liberté, tant elle leur était inconnue, leur faisait peur. C’est
ce que l’on observe chez les adeptes de sectes et même dans des mouvements
fondamentalistes. Le voile islamique, symbole de discrimination et instrument d’asservissement des femmes,
devient pour certaines un signe de vertu et une protection (16).
Nous
avons rencontré énormément d’adeptes de sectes ou de mouvements religieux
extrémistes. Certains de ces adeptes allaient, volontairement et avec joie
souvent, jusqu’à se prostituer ou laisser le gourou abuser de leurs enfants, se
laisser mourir ainsi que leurs enfants faute de soins médicaux,(7) se dépouiller volontairement de leurs biens,
travailler sans salaire ou presque, quitter leur famille, leur travail pour
suivre leur maître, accepter d’être traité comme une sous catégorie humaine(8) à mi-chemin entre la bête et l’être humain(9) et d’accepter des signes extérieurs de cette infamie
comme une bénédiction, abdiquer de leur liberté pour se soumettre au dictats
d’un gourou(10), d’un mouvement, d’un enseignement, certains sont
même allé jusqu’à se suicider en groupe et parfois par centaines, et tout cela
au profit de la secte et de son (ses) dirigeant.
Le
fait est que sur les milliers de personnes qui se sont adressées à nous ces
dernières années pour avoir de l’aide ou des informations au sujet d’une
secte, presque aucune n’en était
adepte. Ces adeptes de sectes ou de mouvements religieux extrémistes sont
heureux de se soumettre volontairement et se sentent fiers d’être plongés dans
leur condition de vie déplorable.
C’est
en considérant ces résultats sur les adeptes
que nous envisageons notre concept de « manipulation mentale
préjudiciable ». Déjà, les professeurs Beauvois et Joules de
l’université de Grenoble, ont démontré qu’on pouvait conduire environ un tiers
des individus, en les soumettant à certains principes de manipulation mentales,
à faire des choses qu’il n’auraient acceptées sans ce processus de sujétion
bien défini.(32)
Des
adultes majeurs peuvent donc être conduits par un ensemble de procédés de
sujétion à agir volontairement contre leurs intérêts, parfois vitaux, et à se
sacrifier au profit du groupe ou de la « Vérité » inculquée. Le pire, dans ce cas, est qu’il n’existe
aucune loi interdisant ce genre de comportement. On le voit notamment en matière
de transfusion sanguine pour les témoins de Jéhovah. Les victimes se disent
libres et heureuses d’accomplir la volonté de Dieu.
Pourtant,
nous avons rencontré des ex- Témoins de Jéhovah qui nous ont avoué que
lorsqu’ils étaient adeptes, ils se seraient opposés à une transfusion sanguine
vitale pour eux ou leurs enfants, notamment parce qu’ils étaient surveillés par
leurs coreligionnaires, mais qu’en
leur for intérieur, ils auraient été contents d’être contraints par la loi d’accepter le traitement surtout pour leurs
enfants.
Il serait ainsi souhaitable de conserver la
réserve de conscience du médecin qui pourra ne pas tenir compte du refus du
malade d’être transfusé lorsque le pronostic vital de ce dernier est en jeu.
Pour
le voile islamique qui fait tapage actuellement, il suffit de constater l’orchestration
internationale du mouvement de contestation, le faible nombre de participants
aux manifestations par rapport à l’ensemble de la communauté musulmane, et
surtout le nombre très minoritaire de femmes au sein de ces manifestations
politico-religieuses (Charlie Hebdo 21.01.04), pour deviner qui est derrière.
Certainement
pas des émules du roi du Maroc qui vient récemment d’accorder aux femmes, par
une nouvelle législation, le droit de se marier ou de divorcer sans
l’autorisation d’un tuteur masculin, la suppression de la polygamie et de la
répudiation, le partage des biens en cas de divorce, le relèvement de l’âge de
la majorité des filles et la famille placée sous la responsabilité conjointe
des 2 époux. Le roi du Maroc étant par ailleurs « Commandeur des
croyants », il faut croire qu’il y a différentes interprétations possibles
du Coran. (33)
4)
Les
sectes et extrémismes religieux réclament pour eux ce qu’ils refusent à leurs
adeptes et aux non croyants (21).
En résumé, contrairement à la désinformation
véhiculée ou insinuée par certains Etats hyper-libéraux dans ce domaine, par
certains extrémismes religieux, par toutes les sectes et quelques ONG(13), toutes les citoyennes et
citoyens français sont totalement libres d’avoir les croyances et les pratiques
religieuses qu’ils souhaitent, quand bien même elles seraient aberrantes ;
ces croyants-adeptes ont même le droit de se soumettre totalement à un gourou,
de se considérer comme une sous catégorie humaine, ils ont le droit de donner
tout l’argent qu’ils veulent à une secte, etc.
Ils ont seulement le devoir de respecter les lois et
de ne pas imposer leurs croyances aux autres dans le cadre de certaines des
institutions de la République, lesquelles garantissent ainsi le respect et le
traitement égal de tous les citoyens.
Comme nous l’avons indiqué plus haut, nos lois ne
peuvent guère réprimer les torts causés par les manipulations mentales
préjudiciables des sectes. C’est à dire que les sectes et les extrémismes religieux
ne respectent pas leurs adeptes et bafouent leur dignité sans encourir de
condamnation. Ils ne respectent pas la société démocratique qui les accueille,
qui assure leur subsistance, leur confort, leur liberté et qui leur permet de
prospérer.
Ils la diabolisent, font pression sur elle en exigeant
le droit d’oppresser et d’abuser en toute liberté de leurs adeptes. Si des
mesures privées ou publiques sont prises pour alléger le joug de ces adeptes,
aussitôt des manifestations pour la liberté religieuse sont organisées, parfois
avec l’appui de certaines puissances gouvernementales(4,13,17) un vacarme médiatique est
lancé, des lobbies sectaires se mettent à l’œuvre à tous les niveaux politiques
(Institutions européennes, Parlements, ONU, Cour européenne des droits de
l’Homme…) pour que certains puissent exercer leur liberté religieuse d’asservir
ou de nuire à leurs semblables, et ils obtiennent parfois gain de cause (6), car en cette matière, il
n’existe pas de loi répressive dans les pays démocratiques.
Les nouvelles difficultés rencontrées par les associations de
prévention contre les sectes
Nos
associations n’ont quasiment plus le droit de dire « secte », de
critiquer tout ce qui s’habille du label religieux. Liberté et respect des religions obligent.
Le
GEMPPI se trouve, comme d’autres, contraint de réviser son vocabulaire pour
s’adapter à un contexte juridique et politique international, sur lequel il n’a
aucune maîtrise et qui, hyper libéralisme et mondialisme obligent, est de plus
en plus défavorable à l’exception culturelle française.
En
l’occurrence, nous sommes de plus en plus acculés à enlever « au renard
libre dans le poulailler libre » la muselière de fabrication française.
Cependant,
certains éléments de l’actualité sont encourageants et devraient inciter les
associations et institutions d’Etat à tenir bon, car nous constatons qu’un
certains nombre de pays européens s’inspirent de nos procédés pour régler les
problèmes causés par les sectes sur leur territoire.
En
effet, après la loi votée par le parlement français visant à la dissolution des
organisations créant un état de sujétion psychologique sur des personnes
fragilisées, la Belgique (18) et l’Italie envisagent de
créer de la même façon une législation spécifique.
Malgré
les pressions internationales exercées sur les Etats européens, par des
puissances hyper-libérales dans le domaine des comportements prétendument
religieux, ou par des régimes théocratiques, ou par des lobbies sectaires, nous
voulons pouvoir librement critiquer les croyances, y compris traditionnelles (l’excision
en est une), qui incitent à porter atteinte la liberté, l’égalité, le
respect, l’intégrité physique ou mentale des enfants, des femmes, des hommes,
qui bafouent les droits de l‘homme et les lois démocratiques. Nous voulons donc
avoir le droit de le faire, afin de jouer notre rôle préventif, sans être
accusés d’incitation à la haine ou à la discrimination religieuse. Avoir le droit de pouvoir traiter
sous un angle laïc (pour ne pas dire scientifique et objectif) de toutes les
matières, y compris de celles qui se proclament religieuses (20), est le minimum de liberté d’expression que l’on peut
espérer dans une société moderne.
L’Etat français est laïc et paradoxalement, il exonère d’impôts les
cultes. Ainsi, une association bénéficiera de juteuses défiscalisations sur les
legs, les dons et les propriétés si elle obtient la bénédiction de la
préfecture dont elle dépend. Celle-ci, sans pour autant reconnaître la
religion, lui accordera une sorte de statut cultuel qui aura pour effet de
gonfler ses caisses au détriment de l’argent public. Pendant longtemps, les préfectures
ont refusé ce statut aux témoins de Jéhovah. Mais ces derniers se sont tant
acharnés que, d’appel en cassation, le dossier est finalement arrivé au Conseil d’Etat, lequel en 2000, a
ouvert la brèche en octroyant le statut cultuel à 2 associations locales de la
secte. Depuis, jurisprudence aidant, les préfectures accordent systématiquement
le statut. L’enjeu n’est pas que symbolique, puisque les témoins de Jéhovah
doivent 45 millions d’euros au fisc. Théoriquement, il faut répondre à 2
conditions pour obtenir ce statut d’exception. D’abord, se réserver
exclusivement à un culte. Pour cela les témoins de Jéhovah ont pris soin de
créer 2 associations, l’une pour les prières, l’autre pour les affaires
(éditions etc.). La seconde condition est de ne pas créer de trouble à l’ordre
public. Mais là, tout dépend de la définition qu’on en donne. Le refus de la
transfusion sanguine pourrait être un motif de refus du statut, mais la secte
semble être en voie d’avoir raison de la résistance institutionnelle qui est en
butte à de très fortes pressions politiques internationales qui pourraient la
pousser à céder (4, 13). Il suffirait en effet à toute association, quelle que
soit la nature de ses activités, de se doter d’un caractère religieux en
donnant à ses statuts un objet exclusivement cultuel, pour que lui soient
attribués le bénéfice de la loi de 1905 et la reconnaissance implicite qui lui
est liée. (24)
Ceci serait alors une première brèche
dans laquelle n’importe quelle secte (ne refusant pas les transfusions)
pourrait s’engouffrer pour prétendre aux avantages liés aux associations
cultuelles et donc recevoir une forme de reconnaissance. (36)
Il semble, compte tenu du contexte et des pressions
internationales, que la France soit amenée un jour, au nom du principe
d’égalité par rapport à son propre droit ou du droit européen, et donc du
respect des droits de l’homme, à concéder à des organisations sectaires ou
fondamentalistes des avantages liés à la loi de 1905. (4)
Ne faudrait-il pas simplement tendre progressivement à repenser ce
statut. Le statut de congrégation, créé en 1905, a fait depuis l’objet,
notamment de la part de la juridiction administrative, de divergences
d’interprétation que les sectes savent utiliser avec habileté. Le régime
juridique que le législateur de 1905 a mis en place ne passait par aucune
reconnaissance officielle.
Une telle reconnaissance aurait été contraire au principe de séparation
qui animait la loi.
En outre, les associations cultuelles ne bénéficiaient
initialement d’aucun avantage particulier par rapport aux associations
déclarées.
La loi de 1905 a cependant été à plusieurs reprises modifiée, et le
régime de l’association cultuelle s’en est trouvé transformé dans son esprit, au
risque de rompre l’équilibre entre les droits et les obligations des organismes
concernés. Plusieurs avantages, notamment fiscaux, ont en effet été accordés
à cette catégorie d’associations qui, d’un régime de droit commun destiné à
organiser la séparation des églises et de l’Etat, est devenu un régime
dérogatoire.
Il est ici utile de rappeler les principes qui fondent
la séparation des églises et de l’Etat. Ce dernier n’est pas habilité par la
loi à reconnaître quelque culte que ce soit, sauf dans la situation
particulière de l’Alsace Moselle, et ses services ne sont donc pas compétents
pour se prononcer sur le caractère cultuel de telle ou telle secte.
S’agissant par ailleurs de l’octroi des avantages
prévus par la loi de 1905, il est indispensable que les conditions fixées par
le Conseil d’Etat soient appliquées de manière homogène sur l’ensemble du
territoire.
Nous souhaiterions que la loi de 1905 soit remaniée
pour se rapprocher de ce qu’elle était à l’origine et que plus aucune
organisation se proclamant religieuse, ne bénéficie des avantages afférents à
ce statut, élaboré à l’origine en vue de compensations liées à des événements
historiques qui ne concernent donc pas les mouvements religieux émergeants en
France et ceci aussi dans une logique de retrait progressif de l’Etat des
affaires religieuses qui relèvent d’engagements privés.
B)- La laïcité républicaine est aujourd'hui menacée par le
projet d'article 51 de constitution européenne, par son projet qui
entérinerait les concordats, les
religions d'Etat, les délits de blasphème(20) et les impôts d'Eglise et qui ferait des religions les interlocuteurs
institutionnels de l'Union européenne.
Cet article 51 du projet de constitution
reprend en l'aggravant la déclaration n°
11 d'Amsterdam de 1997. Il prévoit en effet les dispositions suivantes :
« l'Union européenne respecte et ne préjuge pas du statut dont bénéficient en vertu du droit
national les Eglises et les associations
ou communautés religieuses dans les Etats membres…en reconnaissance de leur
identité et leur contribution
spécifique, l'Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier, avec ces Eglises et
organisations. »
Ce projet de nature cléricale maintient
les privilèges des religions et des
Eglises, notamment en matière de financement. L’un des problèmes est que le
statut et la nature des religions varient d’un Etat à l’autre, ce qui risque
de donner à des sectes un rôle de partenaire avec les institutions européennes.
La Constitution européenne a pour fonction
d'être, par définition, supérieure aux
législations nationales. En introduisant ces principes constitutionnels européens contraires à
la séparation des Eglises et des
Etats, elle remet en cause la loi du 9 décembre 1905.
C'est-à-dire le principe de laïcité inscrit dans le « bloc
constitutionnel » de la République
française.
Par ailleurs, la
jurisprudence constante de la Cour européenne de justice ne considère pas contraire à l'article 9 de la
Convention européenne de sauvegarde des
droits de l'Homme, les concordats, les délits de blasphème et les impôts d'Eglise ; principes avalisés par
le projet de Constitution européenne.
Rappelons qu’en Belgique et
en Allemagne (8%) les impôts sur le revenu sont versés à des religions pour
payer les salaires des prêtres, pasteurs, rabbins et imams, qu’en Autriche et
Angleterre on peut être poursuivi pénalement si l’on critique les religions et
en Italie, le catéchisme est enseigné dans les écoles publiques (26).
En Allemagne, où l’éducation
varie selon les länder, l’enseignement religieux chrétien fait partie des
programmes officiels, souvent sous contrôle des Eglises, et les notes obtenues
en religion comptent pour le passage dans la classe supérieure. En Belgique,
les établissements d’Etat permettent un choix entre cours de religion et cours
de morale non confessionnelle.
C)- La réforme constitutionnelle, votée le 17 mars 2003 par le
Parlement français confie des missions
de services publics uniquement à des
organismes de droit privés, cette
notion réintroduit institutionnellement les structures religieuses dans les
domaines de la santé, de la solidarité et de l'instruction notamment.
Par l'introduction du «
droit d'expérimentation », elle va permettre aux collectivités territoriales de s'émanciper du
principe d'égalité des citoyens devant la loi pour multiplier les extravagances
anti laïques du genre
statut clérical d'exception d'Alsace Moselle.
Par ce « droit
d'expérimentation », l'introduction de l'enseignement du « fait
religieux », pourrait tourner au
prosélytisme pur et simple. D’autant que
rien ne permet aujourd’hui de cerner distinctement ce que pourrait être le
contenu de cet enseignement.
Jacky
Cordonnier, en tant que membre de l’IFER (25),
met l’accent sur une contrepartie non négligeable à cette position tranchée
Vouloir exclure le religieux du champ du savoir est un
contresens culturel.
Pourtant, pour enseigner le fait religieux à l’école,
il est nécessaire d’avoir une connaissance réelle de ce qu’est la religion et
de sa dimension culturelle. Dès lors, il devient possible ce finaliser cette
connaissance par rapport à une société pluri culturelle et pluri
confessionnelle.
Le terme enseigner le fait religieux est ambigu
tant il recouvre de sens et de pratiques
différentes.
Il est vrai qu’il est né d’un constat de carence
dans le domaine religieux et une rupture s’est opérée dans la mémoire
collective rendant incompréhensible à beaucoup de contemporains une bonne part
de notre patrimoine culturel, artistique et en particulier tout ce qui relève
de la symbolique judéo chrétienne.
Par ailleurs la loi de laïcisation de 1882 a supprimé
tout enseignement de la religion dans les programmes scolaires qui par effet de
contamination a évacué l’ensemble des faits religieux eux-mêmes conduisant
aujourd’hui à un véritable analphabétisme religieux dont les
conséquences culturelles mais aussi sociales sont parfois graves (incapacité de
connaître ou reconnaître la portée d’un certain nombre de faits historiques,
prise offerte à l’irrationalisme).
La question de la place de la culture religieuse dans l’enseignement public
s’est alors posée avec force (rapport Régis Debray en 2002).
Cette part du fait religieux dans la culture et la
construction de notre humanité n’est pas toujours bien perçue mais peut être un
moyen de se protéger contre les piéges des sectes et des intégrismes car c’est
l’exploitation de la crédulité des jeunes et leur méconnaissance réelle du
message réel des grandes religions, trop souvent caricaturées dans leur
présentation (T.Jéhovah, Nouvel Age, Raël, syncrétisme).
De plus, il faut
aujourd’hui affronter une autre difficulté et reconnaître que la religion
est terriblement ambivalente. Elle fascine et fait peur tout à la fois.
Par son aspect
fascinant, elle permet d’être présente sur le marché de la consommation (magie,
astrologie, ésotérisme, Mystères).
Elle mobilise ce qu’il y
a de plus irrationnel dans l’être humain et fait le lit des sectes.
L’école a donc pour
mission de susciter l’esprit critique face à
ces propositions perverses.
La religion présente aussi le danger d’être confondue
avec ses formes fondamentalistes ou
anachroniques et conduire à des réductions comme
la religion c’est la guerre, l’islam est fanatique, les jésuites ont fait
disparaître de grandes civilisations, etc.
« La relégation du fait religieux hors des
enceintes de la transmission rationnelle et publiquement contrôlée des
connaissances, favorise la pathologie du terrain au lieu de l'assainir.
Le marché des crédulités, la presse et la librairie
gonflent d’elles-mêmes la vague ésotérique et irrationaliste.
L’Ecole républicaine ne doit-elle pas faire
contrepoids à l’audimat, aux charlatans et aux passions sectaires ? S'abstenir
n'est pas guérir.
Il en sera donné ailleurs des lectures
fondamentalistes, d'autant plus pernicieuses que les jeunes endoctrinés
n'auront reçu aucun éclairage qualifié sur ce texte de référence.
Il a été prouvé qu'une connaissance objective et
circonstanciée des textes saints, comme de leurs propres traditions, conduit
nombre de jeunes intégristes à secouer la tutelle d’autorités fanatisantes,
parfois ignares ou incompétentes.
Le temps paraît maintenant venu du passage d’une
laïcité d’incompétence (le religieux, par construction, ne nous regarde pas) à
une laïcité d’intelligence (il est de notre devoir de le comprendre).
Tant il est vrai qu’il n’y a pas de tabou ni de zone
interdite aux yeux d’un laïc.
L’examen calme et méthodique du fait religieux, dans
le refus de tout alignement confessionnel, ne serait-il pas en fin de compte,
pour cette ascèse intellectuelle, la pierre de touche et l’épreuve de vérité ? »
Bien
évidemment, il n’est dès lors pas question de remettre Dieu à l’Ecole de la
République mais ce serait une erreur de ne pas utiliser les compétences
d’universitaires reconnus pour faciliter ce travail. (24)
Si notre groupe de
réflexion est méfiant, notamment pour les raisons évoquées plus haut (enjeux de paix sociale
et politiques), à l’idée de voir l’Etat prendre en charge l’enseignement du
fait religieux, il n’y serait pas réfractaire si cette démarche était soumise à
un comité de contrôle scientifique à orientation laïque, ce qui impliquerait
aussi une approche critique des religions (voir Chap.7 de
ce texte).
D)- La
présence d'emblèmes religieux dans l'Ecole publique depuis la loi
d'orientation de juillet 1989, dite loi Jospin.
Dès octobre 1989, et pas avant, des symboles religieux sont
apparus au sein de l'Ecole publique.
Uniquement parce que l'article 10 de cette loi traite en effet du « droit d'expression des élèves » ce
qui a été le moteur de l'offensive sur
les emblèmes religieux. Cet article stipule : « Dans les collèges et
les lycées, les élèves disposent, dans
le respect du pluralisme et du principe
de neutralité, de la liberté d'information et de la liberté d'expression.
»
L'avis
du Conseil d'Etat du 27 novembre 1989 précise que cette liberté d'expression des élèves comporte le droit
d'exprimer leur appartenance à une
religion. Les sectes pourront donc s’engouffrer dans la brèche.
De plus la loi de 1989 oblige les
établissements publics à élaborer « un
projet propre », ce qui leur confère le statut
d'établissements scolaires privés.
Or un enseignant ne s'adresse pas
aux adeptes d'une religion, mais à des
élèves pour leur transmettre exclusivement des connaissances.
Nous aimerions que la République se
prononce clairement contre toute
généralisation ou extension de statut clérical particulier comme celui
d'Alsace Moselle, même à titre d'expérimentation.
C'est pourquoi, nous demandons l'abrogation de la loi
Jospin, de son article 10 en tout cas.
Si c'est par le biais d'une nouvelle loi d'orientation, pourquoi pas, si elle est
favorable à l'enseignement public et à
la laïcité.
E)- Nous désirons l’abrogation progressive du statut clérical d'exception
d'Alsace Moselle.
Un retrait progressif du particularisme concordataire
d’Alsace Moselle concernant les cultes reconnus, semble nécessaire car, là
aussi, des contestations devant des juridictions internationales pourraient
nous obliger dans le futur et toujours au nom du principe d’égalité au sein de
notre droit national, à accorder le même traitement à toutes les associations cultuelles (loi
1905), y compris les sectes.
S’il s’avérait que le choix de l’enseignement du fait religieux à l’école était
fait, nous souhaiterions qu’il y soit
réalisé de la même manière sur tout le territoire (ceci impliquant l’abrogation
du statut concordataire d’Alsace Moselle) avec l’intégration d'un
enseignement humaniste athée et libre penseur présenté à égalité avec l'enseignement des religions
officielles, au nom du principe d'égalité. Il semble temps de mettre fin à
cette violation caractérisée du principe de la laïcité qui ne trouve plus de
circonstances la justifiant.
F) L’Etat ne
doit pas former de religieux. Est-ce
que des prédicateurs, prêtres, gourous, imams auto proclamés vont pousser par
leur excès les Etats à l’erreur de se positionner en donneur d’avis religieux
ou théologiques ? Si l’Etat se lançait dans la formation des imams,
pasteurs et autres directeurs spirituels, ceci n’empêcherait pas, ou même,
provoquerait l’émergence de communautés parallèles avec des enseignants auto
proclamés et radicaux.
Notons que la place des agnostiques et des athées qui
est actuellement tout à fait inconfortable et discriminatoire, le serait encore
plus dans ce type de contexte.
De toute manière, un discours neutre sur
les religions ne fait jamais le poids face aux prédications enfiévrées et
séduisantes des recruteurs sectaires qui
s’adressent le plus souvent à des
auditoires en difficulté sociale ou autre. Le « rêve américain »,
l’illusion, les promesses attirent toujours plus ceux qui demandent à être
rassurés, que l’incertaine et rude réalité avouée.
Un imam algérien, résident en France, a été l’objet d’un
arrêté d’expulsion en début d’année pour avoir tenu des propos contraires aux
droits de l’homme. Selon l’hebdo Lyon mag, il se serait déclaré
favorable à la lapidation des femmes et aurait affirmé que « Battre sa
femme, c’est autorisé par le Coran » et aussi que : « La femme n’est
pas l’égale de l’homme et doit lui être soumise ». L’imam se serait en outre prononcé pour la
polygamie (16). (Metro 21.04.04). L’imam nie actuellement
avoir eu ces propos. La justice tranchera.
Le problème dans cette affaire est que le Coran et la
Sunna, bases de la religion musulmane, comportent effectivement de telles
indications :
Sélection de textes du
Coran, (traduction Kasimirski) et de
Hadith du Sahih de El-Bokhâri (traduction des professeurs Houdas et Marçais).
« Les hommes sont supérieurs aux femmes à
cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-là au-dessus de celles-ci,
et parce que les hommes emploient leurs biens pour doter les femmes. Les femmes
vertueuses sont obéissantes et soumises...Vous réprimanderez celles dont vous
aurez à craindre l'inobéissance; vous les reléguerez dans des lits à part, vous
les battrez; mais aussitôt qu'elles vous obéissent, ne leur cherchez point
querelle. » Coran 4.34
« …l'Envoyé de
Dieu...s'écria: ah! troupe de femmes, faites l'aumône, car on m'a fait voir que
vous formiez la majeure partie des gens de l'enfer... » Hadith 6.6
En quoi,
reprirent-elles, O Envoyé de Dieu, consiste l'infériorité de notre intelligence
et de notre religion? Est-ce que le témoignage de la femme n'équivaut pas
seulement à la moitié de celui d'un homme? répliqua le Prophète. Certes, oui,
dirent les femmes. Eh bien, ajouta le Prophète, cela tient à l'infériorité de
leur
intelligence. Est-ce que, aussi lorsqu'elles ont leurs menstrues, les femmes
ne cessent pas de prier et de jeûner ? Certes, répliquèrent-elles. Eh bien,
c'est, à cause de l'infériorité de leur religion. » Hadith 6.6
« Un homme
répéta quatre fois qu’il avait commis l’adultère, l’Envoyé de Dieu ordonna de
le lapider… » Hadith 52.12
Dans ce même esprit
fondamentaliste certaines organisations comme l’UOIF, membre majoritaire
du Conseil national du culte musulman refusent d’agréer ou de signer la
charte des droits de l’homme (22), car celle-ci mentionne que chaque citoyen est
libre de changer de religion. Leur refus vient de ce que Mahomet prescrivait de
mettre à mort ceux qui abandonneraient l’Islam
« Il n’est permis de verser légalement le sang d’un musulman
que dans trois cas : l’homme marié qui commet l’adultère, l’assassin…et
celui de l’homme qui renie sa religion… » Hadith 87.6. Et la république française a accepté
cela. Henri Pena-Ruiz, interprète cela comme un complexe d’ex
colonialiste (27).
Les extrémistes de tout poil ont la fâcheuse manie
d’appliquer à la lettre quelques récits plus ou moins fidèlement rapportés de
paroles et faits de prophètes ou de grands inspirés datant de l’antiquité,
devenus des exemples inapplicables au XXI° siècle, en raison de leur
anachronisme. Ceci fait ressortir avec évidence que les textes sacrés anciens
ont toujours besoin d'être réinterprétés pour trouver une application
cohérente à notre époque.
Cette démonstration implique une relativisation, donc
un espace de liberté et d'autonomie de conscience personnelle, s'opposant à ce
que certains assènent comme la vérité absolue et immuable. Malheureusement, les
tenants de l’islam figé (les portes de l’interprétation seraient fermées depuis
le XIIème siècle) verrouillent le système et, même en France, les modernistes
tels que Soheib ben Cheikh, le Grand Mufti de Marseille (3), ont bien du mal à faire prévaloir leur position.
Si certains fanatiques mettent ainsi l’accent sur ce
qui enferme, interdit, diabolise les autres, d’autres préfèrent développer des
thèmes nettement plus constructifs en utilisant les mêmes sources :
Alors que les compagnons de Mahomet se querellaient
pour savoir s’il fallait se tourner vers Jérusalem ou la Mecque pour faire la
prière, il leur fut répondu ceci : « La vertu ne consiste pas à
ce que vous tourniez vos visages du coté du levant ou du couchant. Vertueux
sont ceux qui croient en Dieu…qui donnent pour l’amour de Dieu des secours à
leurs proches et aux orphelins, aux pauvres et aux voyageurs…» Coran
2.177
Ailleurs, on peut aussi lire « Point de
contrainte en matière de religion » Coran 2.256
Jacky Cordonnier (24) y voit ici la
démonstration que cette méconnaissance des textes sacrés montre bien à quel
point un véritable enseignement du fait religieux est utile pour faire obstacle
aux intégrismes et dérives sectaires de toutes les religions.
Et il a certainement raison, mais il est vital pour
cela de s’entourer de garanties.
En effet, une grande partie des textes sacrés sont
peu compatibles avec les Droits de l’homme et la laïcité (notes 9, 16 et chap.7 de ce
texte). Il est donc naturel, de ce fait,
d’être très vigilant envers les entreprises, y compris éducatives et
culturelles, tendant à résoudre les problèmes de sectarisme au travers de
l’enseignement du fait religieux. Mal maîtrisée la méthode devient vite une
arme à double tranchant.
Une fois de plus, nous craignons la pression des
lobbies religieux, sectaires et étatiques qui ont l’habitude de donner un
statut d’exception préférentiel à tout ce qui s’auto proclame
« religion », y compris les sectes et intégrismes (4, 13, 17).
Comme il
n’est pas dans les attributions de l’Etat de concocter une interprétation
présentable des textes sacrés, il s’en suit que l’approche du fait religieux à
l’école doit nécessairement se faire de manière scientifique et donc critique
et procéder plutôt par élimination de ce
qui est, au point de vue des valeurs républicaines (liberté, égalité,
fraternité), des droits de l’homme et des lois, inacceptable en matière de
pratique et d’interprétation religieuse ( les anachronismes, les approches
discriminatoires et sectaires...)
Les principes de manipulations mentales et
textuelles sont largement utilisés dans nombre de sectes.
Entre autres cas, celui des témoins de Jéhovah est
intéressant. Les adeptes étudient chaque semaine, pendant plusieurs heures, un
montage de versets bibliques soigneusement sélectionnés par leur direction
mondiale. Les textes sont choisis en raison de leur aptitude à créer de
l’angoisse, de l’urgence, de la culpabilité, de l’isolement mental, de
l’obéissance, un total investissement et de l’activisme au profit de
« l’unique organisation de Dieu sur terre ».
Par exemple, ce verset de St Paul : « Je
n’ai pas craint de vous prêcher et de vous enseigner publiquement et dans les
maisons » (Actes 20.20), est curieusement interprété comme une
obligation de faire du porte-à-porte. Par contre, on sera beaucoup plus
discret envers cette recommandation de Jésus : « N’allez pas de
maison en maison » (Luc 10.7, version Louis Segond)
Autre exemple plus grave chez les témoins
de Jéhovah, ces versets de la Bible «Vous ne mangerez le sang d’aucune
chair, car la vie de toute chair, c’est son sang : quiconque en mangera
sera retranché » (Lévitique 17.14), et « Je suis d’avis
qu’on ne créé pas de difficultés à ceux des païens qui se convertissent à Dieu,
mais qu’on leur écrive de s’abstenir… des viandes sacrifiées aux idoles, du
sang et des animaux étouffés… » (Actes 15.19, 28) sont
bizarrement interprétés comme l’interdiction de recourir à une transfusion
sanguine au risque d’y laisser sa vie ou celle des autres, les enfants par
exemple, qui dans certains états des USA n’ont aucune protection légale dans ce
genre de situation(12).
L’imposture ne consiste t-elle pas à
conduire des adeptes au sacrifice de leur vie pour respecter un symbole de
vie ?
Bien sur, on omettra dans la secte
d’éclairer ces prescriptions par cet autre passage de la bible : « Pour
ce qui concerne les viandes sacrifiées aux idoles…nous savons qu’ils n’y a
point d’idole dans le monde…mais quelque uns d’après la manière dont ils
envisagent encore l’idole, mangent de ces viandent comme étant sacrifiés aux
idoles…ce n’est pas un aliment qui nous rapproche de Dieu : si nous en
mangeons nous n’avons rien de plus…ou de moins…Si quelqu’un te voit, toi qui as
de la connaissance, assis dans un temple d’idoles, sa conscience qui est
faible, ne le portera t-elle pas à manger des viandes sacrifiées aux
idoles ? » I Corinthiens 8.
Ce texte indique clairement qu’il était conseillé de
s’abstenir des viandes sacrifiées aux idoles, des animaux étouffés et du
sang, uniquement à cause de la faiblesse de la conscience des idolâtres
qui à l’époque se convertissaient
au christianisme.
En attendant, ce genre de procédé permet de
fabriquer des martyrs pour la « Cause ». Cette façon d’exploiter
les textes est largement utilisée par tous les manipulateurs pour mobiliser
leurs troupes et pour faire du tapage publicitaire.
Autre exemple « Celui qui ménage sa trique,
hait son fils » (Proverbes 13.14).
Nombre d’enfants ont été et sont maltraités dans les
sectes ou dans des mouvements fondamentalistes en application de ce verset
biblique. Tabitha’s place, La Citadelle (28), etc.
Pourtant, il est écrit par ailleurs : « Pères,
n’irritez pas vos enfants de peur qu’ils ne se découragent »
Colossiens 3.21. Mais ce genre de verset n’intéresse pas les fanatiques.
Beaucoup d’autres exemples de ce type, sur la base de
n’importe quel livre religieux, pourraient être cités.
Ces exemples indiquent qu’il est tout à fait anormal
que tout ce qui porte le nom de « religion » bénéficie d’une sorte de
discrimination juridique positive. Les sectes et les fondamentalistes religieux
en profitent largement.
Malheureusement, ils s’attaquent d’abord aux parties
les plus faibles du corps social : les enfants, les femmes, les malades et
les personnes en situation de précarité matérielle ou affective (2).
Sélection de
quelques réflexions des intervenants du débat du 17 septembre 2003 organisé par
la Fédération nationale de la libre pensée, dont le thème était :
Quelle
laïcité dans l'école d'aujourd'hui ? (C’est nous qui y ajoutons les passages en
italiques)
* Une enseignante : « Le foulard, à
l’intérieur du monde musulman, est quelque chose qui « classe », qui
positionne l’adolescent ou l’adulte au sein de son propre monde, et qui peut
créer à l’intérieur des établissements un effet de classe et stigmatise. »
« Pas de
foulard, ce qui veut dire pas de piscine, pas de short, pas de gymnastique, ce
qui conduit à l’exclusion des filles. Le foulard est le problème du statut de
la femme. Je travaille dans un quartier difficile où les filles sont presque
obligées de porter le foulard pour se faire respecter des garçons. On a
d’énormes problèmes de relations entre filles et garçons. Elles ne vont plus à
la piscine, ne font plus de sport et portent des joggings avec des jupes au
dessus
(15). »
Nous pensons qu’il faut protéger (27) les
filles qui sont soumises à ces pressions, surtout qu’il s’agit d’un phénomène
d’ampleur mondiale qui se manifeste en
France de manière atténuée. (15) Ce verset du
Coran : « Oh Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles et
aux femmes des croyants de ramener sur elles leurs grands voiles. Elles en
seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées » Coran 33.57
(version diffusée par le Tawhid) est interprété et vécu dans les banlieues de l’Islam
comme une invitation à ne respecter que les femmes portant le voile.
Ceci fait penser aussi aux enfants témoins de Jéhovah
qui affichent leur appartenance en refusant certaines activités, et à Raël et
le tapage qu’il a orchestré autour du clonage. Les adeptes sont transformés
en hommes sandwich pour faire de la pub. Nous sommes dans tous ces dans une
dynamique de confrontation à l’autre, ou l’adepte, enfant ou adulte, est en
première ligne. C’est tout simplement du prosélytisme muet mais
efficace.
Pourquoi la laïcité est-elle
non négociable selon nous ?
Dans notre République, il ne doit pas y avoir de religion
au-dessus de la laïcité, toutes doivent s’intégrer à nos institutions laïques
et républicaines et non l’inverse (23), pour
que la France reste une oasis de respect et de liberté pour tous dans un monde
ou les différences religieuses, idéologiques etc. sont brimées, opprimées et
réprimées.
Les sectes et le sectarisme constituent un grave
danger pour les sociétés démocratiques, agissant sous forme d’agresseur
extérieur au travers de lobbies et disposant à l’intérieur d’un Cheval de Troie
s’autoproclamant « défenseurs des droits de l’homme et de la liberté de
conscience et de pratiquer la religion de son choix », dissimulant en
réalité en son sein des propagateurs de totalitarismes religieux,
thérapeutiques et idéologiques.
La laïcité, par sa nature, pose l’homme comme valeur
commune à tous et s’appuie donc la raison. Elle est de ce fait l’ennemie des
sectes et des extrémismes religieux, lesquels prônent la dictature de Dieu ou
du gourou ou du collège des dirigeants.
Ceci explique les pressions exercées sur les états
pour faire reculer la laïcité, ce principe égalitaire, donc anti-totalitaire,
anti-discriminatoire, donc anti-communautariste et finalement anti-sectaire (13).
Bibliographie
succincte
Dieu et Marianne. Henri Pena-Ruiz.
Juifs et chrétiens sous l’Islam : Les dhimmis
face au défi intégriste - Bat
Yéor – Berg international 1994
La laïcité. Anthologie
de textes. Garnier
Flammarion. Henri Pena-Ruiz
La laïcité pour l’égalité. Henri Pena-Ruiz
L’école. Henri Pena-Ruiz
L’islam des interdits - Anne Marie Delcambre
Manifeste pour un islam des
lumières.
Malek Chebel. Hachette 2004
Nous sommes tous des immigrés - Roger Fauroux et Hanufa Cherifi – R.Lafont
Qu’est-ce que la laïcité. Folio Actuel. 2003 - Henri Pena-Ruiz
Sectes, démocratie et mondialisation - Anne Fournier et Catherine Picard – PUF 2002
Tolérance et laïcité. Catherine Kintzler. Pleins feux. 2003
Religions et croyances actuelles, Jacky Cordonnier,
Chronique Sociale, 2002
Conférence sur « laïcité, religion et
intégration », Jacky Cordonnier, 2003
Notes et
documents de référence
(1) GEMPPI
BP 95 13192 Marseille Cedex 2O.
Groupe d’Etude des Mouvements de Pensée en vue de la Protection de l’Individu.
Cette association créée en 1988, membre de la FECRIS, pilote
la commission « Santé, éthique, idéologies » de l’Espace Ethique
Méditerranéen (www.medethique.com). Tel-Fax 04 91 08 72 22.
GSM 06 76 01 94 95. Gemppi@wanadoo.fr. Publication trimestrielle : Découvertes sur les sectes et religions.
(2) Imams, sorcières et
pauvreté.
Libération, lundi 03 novembre 2003 -
D’après Esther Duflo, économiste, professeur au Massachusetts Institute of
Technology, la montée des fondamentalismes de toutes les religions se traduit
par une exacerbation des tensions et conflits entre communautés. L'attentat
contre une discothèque de Bali, au printemps dernier, a attiré l'attention
internationale sur un phénomène entamé depuis la crise économique et la fin du
régime de Suharto en Indonésie : la progression rapide de la pratique de
l'islam et sa radicalisation dans certains segments de la société. Le nombre
d'enfants dans les madrasas, les écoles coraniques, est passé de 17 % en 1992 à
30 % en 1999. La participation à des groupes de lecture et l'interprétation du Coran a explosé, pour
atteindre les deux tiers de la population adulte en 1999. A la même époque, les
incidents violents entre communautés religieuses (contre les entrepreneurs
chinois, en particulier) se sont multipliés dans tout le pays, mais plus
particulièrement dans les régions où la participation aux groupes de prières a
le plus vite augmenté. Un lien direct entre les chocs économiques et la
violence religieuse apparaît dans les cas des meurtres de «sorcières» en
Afrique. Edward Miguel, un chercheur de Berkeley, a collecté des données sur
ces attaques dans une région de Tanzanie, où plus de 3 000 meurtres de
«sorcières» ont eu lieu entre 1970 et 1988. Les victimes sont le plus souvent
de vieilles femmes et sont, en général, assassinées par les membres de leur
famille après un procès instruit par les anciens du village. Miguel montre que
dans les années de sécheresse ou d'inondations, les attaques contre les
«sorcières» sont deux fois plus nombreuses. En Tanzanie, les attaques de
sorcières sont le plus souvent commises par les membres de la famille, qui se
libèrent ainsi d'une bouche inactive à nourrir. Protéger les individus contre
le risque, naturel ou lié à la mondialisation, est une arme effective contre la
progression des fondamentalismes. Les groupes fondamentalistes l'ont bien
compris, qui s'opposent souvent à toute protection sociale.
Hausse de l’intégrisme. Selon Alain Duhamel, l’intégrisme islamique
est en hausse et 10% des imams en France sont fondamentalistes. RTL 17.05.04
(3) Qui est vraiment l'UOIF taxée
de fondamentalisme et d'islamisme?
PARIS, 16 juin 2003 (AFP) -
Taxée d'islamisme ou de fondamentalisme, des qualificatifs qu'elle récuse,
l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) suscite craintes et
fantasmes, mais son audience parmi la jeunesse musulmane est incontestable.
Critiqué pour avoir donné une place à l'UOIF dans le Conseil français du culte
musulman (CFCM), Nicolas Sarkozy déclare qu'il vaut mieux l'avoir à l'intérieur
qu'à l'extérieur de l'instance musulmane. Les huées qui ont accueilli son
discours sur le voile islamique au rassemblement de l'UOIF ne l'ont pas fait
changer d'avis. L'UOIF défend une conception "globale" de l'islam,
censé répondre à tous les problèmes sociaux ou privés, inspirée des Frères
musulmans (...) L'UOIF est membre de l'Union des organisations islamiques
d'Europe, doté d'un "conseil de la fatwa" présidé par Youssef
al-Qardaoui, un Egyptien résidant au Qatar. Elle entretient des liens avec la
Ligue islamique mondiale. En France, plusieurs associations se situent dans sa
mouvance: la Ligue française de la femme musulmane, Jeunes musulmans de France,
le Secours islamique. Le recteur de la mosquée de Paris Dalil Boubakeur voit
dans l'UOIF "la partie émergée de l'iceberg" constitué par
"l'islam politisé", "militant", "disposant de moyens
que nous n'avons pas".
Le Grand Mufti de Marseille pour la laïcité. Marseille Plus18.02.04. « La laïcité s’applique
sans délai…Avec une loi on verra qui est pour l’intégration ». Le Grand
Mufti de Marseille s’est déclaré ouvertement pour une loi et donc en désaccord
avec le Conseil français du culte musulman (CFCM) qui s’est prononcé
unanimement contre une loi interdisant les signes religieux à l’école. Le Mufti
est donc favorable à une loi « qui invite les musulmans à rejoindre la
norme de la République ». Il souligne aussi que « le bureau du CFCM
est noyauté par les radicaux »
(4) La loi française contre les
sectes épinglée par le Conseil de l'Europe
LA VALETTE, 18
nov. 2002 (AFP) - La loi française contre les sectes promulguée en juin 2001 a
été épinglée, lundi, par le Conseil de l'Europe qui a demandé à la France de
"revoir" ce texte, provoquant une vive réaction de la part du
représentant de la délégation française. Le parlementaire britannique David
Atkinson (conservateur) a plaidé en faveur de l'adoption de cette résolution en
laissant entendre qu'il est inutile de légiférer en la matière. "Beaucoup
de pays comme les Etats-Unis autorisent tous les mouvements et en cas d'abus
les auteurs sont jugés selon les lois existantes", a-t-il argumenté. Mais
M. Nicolas About a écrit que la loi française est uniquement destinée à
"renforcer la prévention et la répression des mouvements sectaires portant
atteinte aux droits de l'Homme et aux libertés fondamentales" et avait été
promulguée notamment après le suicide collectif des adeptes du "Temple
solaire". Parmi les victimes se trouvaient de nombreux enfants dont l'un
n'avait que 2 ans et un autre âgé de 4 ans. Dans un arrêt rendu le 6 novembre
2001, la Cour européenne des droits de l'Homme, saisie par les témoins de
Jéhovah de France, a donné raison à Paris en dénonçant un "procès
d'intention fait au législateur, soucieux de régler un problème brûlant de
société". Cet arrêt fait l'objet d'un recours.
Seule la Cour peut
déterminer la compatibilité de la loi française sur les sectes avec le respect
des droits de l'homme
COMMUNIQUE
de PRESSE de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe Questions
juridique et droits de l'homme 18.11.02.
Seule la Cour européenne des Droits de l'Homme peut déterminer si une loi
française sur les sectes en date de juin 2001 est compatible avec les normes
européennes en matière de droits de l'homme, a déclaré la Commission permanente
de l'Assemblée. Certains de ses membres avaient demandé à l'Assemblée
d'examiner la loi, craignant qu'elle ne soit discriminatoire et porte atteinte
aux droits à la liberté d'expression, de religion et d'association énoncés dans
la Convention européenne, que la France s'est engagée à observer. Un expert
juriste suisse est parvenu à la conclusion que la loi n'était pas incompatible
avec les valeurs du Conseil de l'Europe - mais a déclaré que cet avis pourrait
demander à être revu à la lumière de la jurisprudence nationale concernant
l'application de la loi.
La scientologie dépose une
plainte devant l'ONU contre l'Allemagne
LOS ANGELES, 2
oct. 2002 (AFP) - L'Eglise de scientologie a déposé une plainte contre
l'Allemagne devant la commission des droits de l'Homme de l'ONU à Genève,
estimant que Berlin viole la liberté d'expression de ses membres, a annoncé
mercredi l'organisation à son siège à Los Angeles. "Les membres de l'Eglise considèrent que le
gouvernement (allemand) a violé leurs droits d'association et d'expression, leur
droit à participer aux affaires publiques et leur droit à ne pas souffrir de
discrimination religieuse", et ils demandent une enquête. L'Eglise espère
que cette plainte forcera le gouvernement allemand à réformer les règles qui
limitent ses activités et celles de ses membres.
Le porte-monnaie des témoins
de Jéhovah défendu par un élu ?
Question écrite du 10/04/2003 posée au Ministère de
l’Economie : Dans divers pays, le
denier du culte et les offrandes correspondantes adressés à diverses églises et associations
religieuses sont considérés comme
constituant, pour le bénéficiaire, un revenu exempté de taxation. M. Masson
s'étonne qu'en France, le bureau des
services fiscaux des Hauts-de-Seine Sud ait imposé une taxe sur les offrandes adressées aux Témoins de
Jéhovah. A sa connaissance, aucune taxe
similaire n'a été imposée à d'autres associations religieuses et églises. Il s'interroge sur la conformité de
cette décision avec la
déclaration de la Cour européenne des droits de l'homme.
Il craint également
que cette décision constitue un précédent risquant de concerner d'autres
associations religieuses.
Belgique. Les scientologues s'estiment victimes d'une discrimination provoquée par l'Etat lui-même. Une plainte est déposée contre le rapport « Sectes ». L'Eglise de scientologie a déposé plainte auprès du tribunal de première instance de Bruxelles contre l'Etat belge. C'est le rapport de la commission parlementaire sur les mouvements sectaires de 1997 qui est, en